Texte sur la réconciliation
 

C’est à la suite de longues discussions entre nous, membres de MIÉCUR, que nous vint l’idée de recueillir par écrit l’humble part de sagesse que le Seigneur nous a confiée. Dans cet ouvrage, nous ne prétendons pas pouvoir transformer les cœurs. Le but de ce recueil d’écrits se résume en un simple partage destiné à tous ceux et celles qui croient en Jésus-Christ et qui désirent le servir. Nous sommes tout petits et faibles au sein de l’Église de Dieu. Nous ne détenons ni science humaine ni pouvoir religieux. Nos réflexions sont celles de témoins trop souvent impuissants face aux tribulations qui secouent l’humanité, autant sur le plan social que spirituel. Nous croyons que notre témoignage peut nous amener à partager une réflexion nouvelle. Souvent contraints au silence par notre rang au milieu des hommes, nous avons décidé d’écrire avec la lumière du Saint-Esprit et la foi de nos cœurs. Comme chrétiens, nous avons accepté de nous dépouiller et de mettre à nu nos préjugés, nos manques d’amour et notre orgueil, afin de trouver ensemble la seule et vraie manière d’être au service de Jésus, soit d’écouter l’Esprit saint dont le Seigneur nous parlait en promettant : ‘’ Je ne vous laisserai pas orphelins.’’


Première partie : RÉCONCILIATION DES CHRÉTIENS
  1. Notre cheminement vers la réconciliation
  2. Divisions au sein de l’Église
  3. Difficile d’être chrétien aujourd’hui
  4. Mission du chrétien d'aujourd'hui
  5. Tentatives de réconciliation
  6. Comprendre la réconciliation
  7. La réconciliation : deux pas à faire
  8. Au-delà du premier pas
  9. Second pas, celui du cœur
  10. Travailler sur soi
  11. Le repentir
  12. Libération
  13. Dénominations vs réconciliation
  14. Dépouillement
  15. Amour et liberté, fruits du dépouillement
  16. Notre véritable manière de penser
  17. Résumé de notre vision de la réconciliation
Deuxième partie : LES OBSTACLES À LA RÉCONCILIATION
  1. Naître à l’Esprit
  2. Lutte contre nous-mêmes
  3. Plan social et plan individuel
  4. Bilan négatif de l’Église
  5. Cheminement des chrétiens et cheminement de l’Église
  6. L’Église semblable au fils prodigue
  7. Que font les chrétiens d’aujourd’hui ?
  8. Origine des divisions : l’esprit sectaire
  9. Si l’esprit sectaire disparaît…
  10. Les chrétiens sont-ils prêts à se réconcilier ?

 

I - RÉCONCILIATION DES CHRÉTIENS

Notre cheminement vers la réconciliation

À la suite de notre naissance au Saint-Esprit, notre cheminement spirituel nous a conduits à connaître la lumière et l’espérance. Nous avons réalisé l’urgente nécessité d’une réconciliation entre chrétiens. Nous remercions le Seigneur de nous avoir préservé de l’esprit sectaire, car nos cœurs sont libres en la présence de quiconque se réclame de son Nom. Dès notre rencontre avec Lui, nous nous sommes libérés d’une foule de choses qui nous contraignaient à vivre sous la loi, plutôt que par la foi. Sans quitter notre dénomination, nous avons relevé le défi d’y vivre libres, même s’il nous a fallu pour cela renoncer aux traditions et à certaines croyances de notre religion première. Nous n’avons pas accepté qu’une autorité humaine nous impose quelque fardeau que ce soit. Nous avons craint ce qui cherchait à nous ravir notre liberté spirituelle. Notre discernement s’est exercé et le Seigneur a mis sur notre chemin des chrétiens exceptionnels, comme Jean Richard. Ce dernier nous a prêché la réconciliation et nous voulons œuvrer à cette cause en laquelle nous croyons fermement. Après quelques années de recul, nous réalisons que si nous n’avions point été libres face à notre dénomination, nous n’aurions jamais compris le message de Jean.

Divisions au sein de l’Église

La nécessité d’une réconciliation entre chrétiens est évidente. L’image que l’Église divisée projette au monde, est un sujet de moquerie et de confusion. Ce n’est certainement pas la volonté du Seigneur, mais il importe de constater les conséquences graves de toutes ces divisions. Dès le début de l’histoire chrétienne, les disciples du Seigneur avaient fort à faire pour empêcher les fidèles de se diviser. Au cours des siècles, beaucoup de querelles chrétiennes ont dégénéré en guerres sanglantes qui ont marqué l’histoire de l’humanité. Aujourd’hui, les blessures subsistent encore et le jugement que porte le monde non chrétien sur l’Église est fondé, réel et mérité! Ce qui nous semble le plus grave réside en ce que nos stupides querelles humaines éclaboussent le visage de Dieu, à cause de notre statut de chrétien. Par nos actions, nous avons trop longtemps ridiculisé l’œuvre même de Dieu. Quel gâchis, nos Églises divisées ont fait en son Nom! C’est cela qui est abominable. De nos jours, il n’y a pas de fierté à se proclamer chrétien, surtout que souvent, nous ajoutons au mot ‘’ chrétien ‘’ le nom d’une dénomination à laquelle nous nous soumettons.

Difficile d’être chrétien aujourd’hui

Être chrétien se révèle extrêmement difficile aujourd’hui, car nous sommes sollicités de toutes parts par des communautés se prétendant meilleures les unes que les autres. En réalité, le monde actuel perçoit mal le chrétien actif et engagé dans sa foi. Il le juge même très sévèrement. Cet état lamentable persistera aussi longtemps que nous n’acquerrons pas la véritable raison de nous glorifier d’être chrétien. On donnera raison aux chrétiens d’être fiers et de proclamer leur foi lorsqu’ils se seront réconciliés, lorsqu’ils auront brisé leurs chaînes et brisé les clôtures les séparant les uns des autres. Si nous, personnellement, avons une raison d’être fiers, c’est que nous pouvons partager et prier le Seigneur avec des chrétiens différents de nous. Les railleries du monde cesseront quand l’Église se réunifiera et que ses enfants se tendront tous la main, en oubliant leurs différences humaines pour célébrer leur unité en Jésus-Christ. Ceux qui attendent un signe pour se convertir le recevront.

Mission du chrétien d'aujourd'hui

À la suite de méditations et de prières sur ce problème, nous en sommes venus à la conclusion que la mission première du chrétien d'aujourd'hui était de vivre et de prêcher la réconciliation à l'intérieur des communautés. Comment l'Église actuelle peut-elle répondre aux besoins du monde athée alors qu'elle est malade et ses membres coupés les uns d'avec les autres? Comment un corps peut-il fonctionner sans se soumettre à la volonté de l'Esprit qui l'habite et le dirige? Ce que la main droite de l'Église fait de bien, sa main gauche le brise et le défait. Le chrétien d'aujourd'hui se doit donc d'être assez fort pour résister à l'esprit sectaire qui anime les dénominations. Il ne doit pas condamner ou juger les autres groupes, car si nous parlons en mal des autres chrétiens, nous projetons une grande confusion dans le monde. Notre devoir à tous, c'est de nous soumettre à Jésus-Christ, par la présence de l'Esprit saint qu'il nous a envoyé afin de nous conduire. Mais la réconciliation est quelque chose de concret qui ne doit pas se borner à de simples paroles théologiques.

Tentatives de réconciliation

Sur le plan théologique, nous assistons depuis de nombreuses annéesà des tentatives moyennement réussies de dialogues entre chefs et autorités des grandes puissances spirituelles chrétiennes. Les paroles sont nombreuses, les engagements rares et les gestes pratiquement invisibles, car la majorité des chrétiens représentée par ces dénominations reste muette, ou volontairement tenue à l'écart des discussions. La hiérarchie de nos Églises évite aux simples laïcs d'avoir à prendre position sur des questions vitales comme la réconciliation. Les chefs discutent entre eux mais aucun message clair ne parvient à nos oreilles. Jamais nous n'entendons pasteurs ou curés nous enseigner la véritable réconciliation : tout reste froid, scientifique et théologique de manière à écarter les fidèles qui ne bénéficient visiblement d'aucune confiance de la part de leurs bergers terrestres. Notre mission laïque est-elle d'attendre que les savants de nos dénominations respectives règlent leurs différents? Sur quoi veulent-ils se mettre d'accord? Sur des points théologiques? Est-ce cela que Jésus demande? Que nous demande réellement le Seigneur en nous invitant à nous rassembler et à être un en Lui? Nous avons longuement discuté de ces questions et voilà les grandes lignes qui en ressortent.

Comprendre la réconciliation

La réconciliation entre chrétiens n’est pas compliquée. C’est un but simple que chaque chrétien honnête ressent au plus profond de son cœur : il souhaite faire la paix avec tous ceux qui l’entourent. La réconciliation se comprend, la majorité des chrétiens la souhaite. Les saintes Écritures nous enseignent le moyen d’y parvenir sans faire mention de la science des théologiens. N’importe quel esprit humain peut comprendre ce qu’est la réconciliation. La comprendre et la souhaiter grâce à l’intelligence, c’est un pas. Théologiens et laïcs ont majoritairement fait ce pas. Cependant, si nous demeurons sur ce pas unique, nous n’atteindrons jamais la réconciliation, car elle se trouve au bout d’un long chemin où nous devrons faire des centaines de pas. Comprendre et atteindre la réconciliation sont deux choses.

La réconciliation : deux pas à faire

Le premier pas, c’est de réaliser la nécessité de la réconciliation et d’être en accord avec ce principe, grâce au discernement de l’Esprit saint. Le second pas, c’est de vouloir soi-même travailler à la cause, car notre cœur est touché par la gravité du problème. Si le premier pas s’effectue au niveau de l’intelligence ou de l’esprit, le second pas s’opère dans le cœur. Nous aurons ensuite besoin de tout l’amour de Dieu pour entreprendre la course vers le but à atteindre, soit la réconciliation. Nos théologiens et nos dirigeants s’arrêtent au premier pas, car ils parlent d’une manière cérébrale. Ils cherchent à réaliser la réconciliation d’une façon rationnelle et intelligente. En réalité, ils croient pouvoir réaliser la réconciliation simplement en se réunissant et en discutant entre eux. Ils restent loin du second pas qui, à notre avis, est le plus important mais aussi le plus difficile à faire. Le second pas concrétise le début d’une course à travers laquelle nous effectuons un cheminement exigeant.

Au-delà du premier pas

Il faut admettre que le premier pas se franchit facilement, car il n’engage à rien. Nous pouvons penser, discuter réfléchir et analyser, si rien ne descend dans le cœur, rien ne nous engage fermement à régler le problème. Tout repose dans l’amour. La réconciliation est dans l’amour; la manière d’y accéder aussi. Quand nous réalisons la simplicité du message, l’importance que nous accordions aux discussions théologiques se compare à un grain de sable au fond du désert… ‘’Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Aime ton prochain comme toi-même.’’ Les paroles du Maître sont claires et précises. La réconciliation, la paix, la vie éternelle et l’unité se trouvent dans ces commandements. Mais les paroles du Christ doivent quitter l’esprit et s’installer dans le cœur afin qu’un être baigne tout entier dans la lumière. Les paroles de Jésus mentionnées plus tôt devraient être la base de toute décision se rapportant à la vie spirituelle chrétienne, car Il a lui-même dit qu’il s’agissait du plus grand commandement.

Second pas, celui du cœur

Le deuxième pas prend la réconciliation au sérieux et sensibilise notre cœur à la détresse de l’Église divisée. Notre amour pour le Seigneur nous inspire le désir de participer de façon concrète à changer les choses. Lorsque nous franchissons le second pas, celui du cœur, nous cessons de chercher des solutions et nous nous engageons sur le chemin de l’amour que nous commande Jésus. Nul besoin de doctorat ou de science théologique pour aimer. Le plus petit d’entre nous est capable de le faire. Avant de vouloir aimer le monde qui est contre le Christ, nous devons aimer les autres chrétiens qui sont dans le Christ. Nous devons mettre les paroles de Jésus en pratique pour atteindre la réconciliation des chrétiens, et il faut reconnaître que ce n’est pas là une chose facile à accomplir. Il nous faut d’abord chercher la sincérité. Si nous conservons l’amour dans nos cœur, nous éviterons tout ce qui peut nous inciter à être en division avec nos frères et sœurs d’une autre communauté. Le groupement MIÉCUR répond fort bien aux exigences de l’amour véritable que Dieu nous commande, mais nous devons vivre son commandement chaque jour de notre existence, et pas uniquement lors des réunions du mouvement.

Travailler sur soi

Lorsqu’un chrétien accepte de regarder les choses en face, et qu’il prend conscience des conséquences néfastes découlant des divisions, il ne peut s’empêcher d’endosser une part de responsabilité dans tout ceci, ou du moins, partagera-t-il la responsabilité de la dénomination à laquelle il appartient. C’est le départ pour la course vers la réconciliation : se reconnaître pécheur, coupable et fautif représente le premier effort véritable que nous devons fournir pour atteindre le but. L’humilité d’accepter l’imperfection qui habite en soi et dans le sein de sa propre communauté, se bat contre l’orgueil sectaire. Tout en résistant à la tentation de juger les autres groupes chrétiens, il faut méditer sur soi-même avec la lumière de l’Esprit saint. Nous devons réaliser notre insignifiance et l’admettre en toute sagesse. Si nous ne reconnaissons pas nos torts personnels et individuels, comment pouvons-nous espérer nous réconcilier? Dieu ne nous demande pas uniquement d’accorder notre pardon, car c’est là un beau rôle. Mais il souhaite que nous demandions pardon à tous ceux que nous avons pu juger, condamner, critiquer en face ou de dos. Nous devons accepter d’endosser l’image triste d’une Église divisée, et l’humilité nous oblige à nous abaisser à un point tel que tous ceux que nous avons jugés doivent nous paraître supérieurs. Si nous réussissons à atteindre un tel dépouillement de nous-mêmes, c’est que nous souhaitons sincèrement changer et réparer les torts commis.

Le repentir

Notre responsabilité de chrétien engagé nous amène ensuite à cheminer ouvertement. Sans le repentir, aucune réconciliation n'est possible. Pour marcher vers la réconciliation, chaque partie divisée doit commencer par se juger elle-même et se reconnaître fautive vis-à-vis des autres. Quel effort! L'esprit humain ne peut entrevoir la réalisation d'un tel cheminement. Cette obligation du repentir effraie plus d'un chrétien enorgueilli du titre de sa dénomination. Le repentir s'opère dans le coeur et il exige un dépouillement complet et sincère, une sorte de face à face avec la Lumière divine: nous devons regarder dans nos coeurs le plus profond de nos sentiments, de nos préjugés... Il faut reconnaître que notre dénomination est la moindre des dénominations, et que nous avons eu tort de la croire supérieure aux autres, et que nous avons menti en la déclarant seule véritable religion chrétienne. Il nous faut reconnaître que tous ceux, se réclamant de Jésus-Christ Sauveur possèdent la vie éternelle. Jésus a dit: '' Quiconque croit en moi vivra éternellement! '' Le Christ ne faisait aucune mention des différences entre les peuples, les races. Ses paroles vivantes ne peuvent être discréditées par les différents cultes qui Lui sont rendus.

Libération

À ce sujet, nous témoignons pour l'avoir vécu: le fait de reconnaître le salut d'un chrétien différent de soi soulage le coeur et convie notre être à une joie intérieure immense. Il s'agit d'une libération: c'est comme découvrir la liberté de s'unir en prières et en pensées avec des frères et soeurs que nous n'avions pas le droit de connaître. Toutefois, accepter de reconnaître la gratuité du salut pour tout chrétien, sans tenir compte de sa dénomination, entre souvent en contradiction avec l'enseignement que nous recevons de nos dirigeants. Si nous rompons la chaîne qui nous soumet à l'homme davantage qu'à Dieu, nous nous libérons d'un fardeau réel. Qu'il est bon de savoir que tous seront sauvés, que nous sommes tous égaux devant le visage du Seigneur! Pour avoir subi l'esprit sectaire qui isolait notre dénomination en faisant de nous les seuls sauvés de l'univers, nous sommes aujourd'hui capables de témoigner de la liberté que Dieu nous donna en nous obligeant à la réflexion. Quelle joie de réaliser l'unité de tous les chrétiens par la foi en Jésus-Christ! C'est en se réclamant tous du Christ que les chrétiens sont égaux. et qu'ils doivent se réconcilier. Notre foi en Jésus représente la plus grande chose qui soit et nous devons célébrer ce trait commun en nous réconciliant tous! Selon nous, le fait de reconnaître le salut de tout chrétien est indispensable à la réconciliation au même titre que le repentir. C'est ce qui brise la raison d'être de l'esprit sectaire. Si nous n'avions rien en commun, pourquoi vouloir nous réconcilier? Or, tous les chrétiens remettent leur vie en Jésus-Christ ressuscité.

Dénominations vs réconciliation

La réconciliation demeurera impensable tant et aussi longtemps que les dénominations refuseront de confesser publiquement et ouvertement l'égalité de chaque chrétien. Nous sommes encore loin de cet état de chose, et les discours théologiques tenus par les hautes autorités reflètent davantage une stratégie politique humaine plutôt que d'arborer l'étoffe d'un cheminement spirituel conduisant au repentir indispensable à un retour à l'unité. Notre conclusion sur ce sujet est fort simple: les intérêts des autorités religieuses, des théologiens et des directeurs spirituels sont différents des intérêts de Dieu. Ce que Dieu souhaite, ils le craignent, car ce n'est dans l'intérêt d'aucune hiérarchie religieuse que la réconciliation s'effectue réellement: cela mettrait en péril les fondements de leur prestige, de leur rang social, et malheureusement, de leurs finances. Mais nous reviendrons plus loin sur ce sujet.

Dépouillement

Ensemble, nous avons tracé une image où nous comparons la réconciliation à une porte très étroite nous permettant d'entrer dans un lieu d'unité et de paix absolue. La seule porte pour atteindre la paix, c'est la réconciliation. Mais voilà, elle est très loin, et si petite qu'il faut se dépouiller de tout ce qui nous recouvre afin de pouvoir s'y glisser. Se mettre ainsi à nu demande un effort terrible, surtout que ce doit être vu et connu de tous. Nous devons nous dévêtir de tout ce qui nous empêche d'entrer dans cette porte étroite. Il nous fera très mal de nous séparer de choses auxquelles nous tenions. C'est là que nous devons discerner clairement ce que Dieu attend de nous. Il faut nous affranchir des lois humaines qu'il y a dans nos dénominations. Nous devons nous affranchir de notre soumission à toute autorité religieuse humaine. Il faut s'affranchir de l'orgueil et de la fierté rattachés au nom distinctif de notre Église. Nous devons nous affranchir des fausses consciences qui nous donnent des remords grâce à des mensonges. Nous devons nous mettre à nus et paraître devant cette porte comme des hommes et des femmes égaux, tous semblables les uns aux autres. Les choses qui nous divisent ne sont pas de Dieu; ce sont des choses humaines comparables à des vêtements dont il faut se dépouiller. Il faut bien comprenddre ce que nous expliquons ici: loin de condamner tous ces vêtements humains, nous prétendons seulement qu'ils sont inutiles pour la réconciliation. Nos dénominations nous ont toutes apporté du bien, mais nous oublions souvent au Nom de qui ce bien nous est réellement parvenu. Nous devons rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. Il est temps que nous glorifions tous Dieu, car c'est Lui qui nous a sauvés et non notre dénomination, notre missionnaire, notre pasteur, notre prédicateur.

Amour et liberté, fruits du dépouillement


Notre vision du dépouillement est radicale mais sensée. Nous sommes conscients que cela est exigeant, mais l’affranchissement apporte la liberté. Sans posséder cette liberté, nous ne pourrons jamais servir totalement le Seigneur. Par le mot « dépouillement », nous ne préconisons pas de quitter notre dénomination. Nous devons demeurer là où le Seigneur nous a appelés, sans chercher à faire de nouvelles divisions. Par le terme « affranchir », nous signifions seulement
ceci : aimer notre dénomination les yeux ouverts, non les yeux fermés. Aimer nos prédicateurs, nos pasteurs, nos prêtres, ne plus les écouter sans se souvenir qu’ils sont humains comme nous, ne plus leur être soumis sans condition ou par devoir. Nous devons simplement aimer en sachant que nous sommes tous coupables d’être divisés et que nous sommes tous appelés à nous réconcilier. Nous devons aimer notre dénomination et ceux qui la composent, mais nous ne devons pas leur obéir aveuglément, ni les laisser faire entrave à l’inspiration que Dieu nous confie. Il nous faut apporter une révolte pacifique comme celle que Jésus nous trace dans les exemples de sa vie : un amour surprenant que n’arrêtent ni préjugés ni barrières. Un amour qui pardonne et qui tend toujours la main ; un amour qui tend l’autre joue s’il est frappé : un amour qui n’a pas de préférences pour les justes et qui se donne à ceux qui se réclament de Lui. C’est là un amour qui unit et si nous possédons cet amour, jamais nous ne nous séparerons volontairement d’une dénomination. Dieu ne veut pas briser notre attachement envers celle-ci : au contraire, Il veut que nous devenions « artisans de paix ».

Notre véritable manière de penser

Finalement, voici notre véritable manière de penser : nous devons rejeter la façon traditionnelle de voir nos dénominations. Elles ne nous donnent ni le salut, ni la vérité, ni la lumière, la perfection ou la sécurité. Par contre, avec l’amour et la grâce de Dieu, chacun de nous doit voir son Église comme un corps blessé, infirme, malade qui souffre et qui pleure malgré les rires. Ce corps agonise, mais l’orgueil l’empêche de l’admettre. Que devons-nous faire devant un corps malade et blessé, incapable de se déplacer par lui-même ? L’abandonner ? Certainement pas. L’amour de Dieu nous commande d’aimer et l’amour nous amène à soigner, panser, guérir, réconforter, encourager. En aucun cas, nous devons laisser le malade seul. Pour pouvoir le soigner, il nous faut le convaincre d’accepter sa maladie. Pour le convaincre, il nous faut beaucoup de patience, de tolérance, de compréhension et jamais nous ne devons le juger. Nous devons gagner sa confiance. Nous nous considérons souvent comme les enfants spirituels de nos dénominations : si c’est le cas, qui laisserait son père ou sa mère blessés ou malades ? Nos dénominations sont souvent vieilles et nous devons leur accorder les mêmes soins qu’à de vieilles personnes. Pour nous, ces quelques images sont concrètes et elles nous ont beaucoup aidés à effectuer le dépouillement dont nous parlions plus tôt. Nous ne pouvons pas être fiers de notre dénomination parce qu’elle est malade et infirme. Nous ne pouvons pas l’abandonner parce qu’elle a besoin de soins et nous sommes ses héritiers. Nous ne pouvons pas nous en séparer parce que la dénomination, c’est nous !

Résumé de notre vision de la réconciliation

En résumé, nous pouvons dire que les deux premiers pas menant vers la réconciliation sont relativement faciles à faire. Par contre, le reste du chemin à parcourir est une longue et périlleuse course de la désillusion. Les efforts fournis durant la course raffermissent la foi. Nous devons changer toute notre manière de penser et de fonctionner. La désillusion est immense et pénible à constater. Nous souffrons d’être coupables et la repentance bafoue notre orgueil.

Malgré cela, nous croyons que c’est le chemin à prendre et il faut le faire vite. Les récompenses promises valent bien plus que les efforts de la course. Lorsque nous prions en demandant au Père Très Haut que sa volonté soit faite sur terre comme elle l’est dans les cieux, n’oublions pas qu’il n’en tient qu’à nous de voir la réalisation de cette demande. Si nous prions en disant « Que ton règne vienne », c’est que son règne n’est pas encore venu et que le Seigneur ne règne même pas sur son propre peuple ! Ne prions plus du bout des lèvres, mais prions avec cœur et engagement. Depuis notre éveil aux choses de Dieu, la prière enseignée par Jésus a pris pour nous, un sens tout autre que celui que nous lui connaissons, car n’oublions pas que c’est à Lui qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles et des siècles.


II - LES OBSTACLES À LA RÉCONCILIATION

Il est beaucoup plus facile de se diviser que de s’unir, de se disputer que de s’entendre et de se juger que de se comprendre. Nous ne voulons pas que le texte suivant soit perçu comme un jugement, car nous avons simplement tenté d’expliquer et de comprendre les raisons qui divisent tous les membres du corps du Christ. Il nous aurait été facile de porter des jugements, mais le Seigneur nous a orientés vers une toute autre voie : celle de la compréhension du problème.

Naître à l’Esprit

S’il était facile de se réconcilier, jamais les divisions ne seraient apparues. Tout homme et toute femme nés de la chair restent soumis à la chair. Par notre nature charnelle, nous demeurons soumis à d’innombrables intérêts terrestres. Le « monde » est né du cœur humain et il faut naître à nouveau pour ne plus y être soumis. Le Seigneur vient habiter notre cœur et nous devons le laisser agir en nous. Quand le monde était en nous, nous obéissions à nos propres lois, nous écoutions nos paroles et nous cédions à nos moindres tentations. Nous vivions par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Lorsque nous naissons à l’Esprit saint, et que tout notre être devient le Temple de cet Esprit, c’est le Christ qui dicte notre conduite. Il écrit sa loi dans nos cœurs : nous entendons sa voix et nous lui obéissons. Nous vivons par Lui et pour Lui. Mais l’effervescence d’une conversion ou d’un appel à un ministère quelconque nous fait oublier que pour naître une seconde fois, il faut laisser mourir le vieil homme. Cet oubli d’un principe de base est probablement une des causes à l’origine des divisions et des disputes au sein du peuple chrétien, il y a très longtemps.

Lutte contre nous-mêmes

Nous savons que le Christ souhaite l’unité. Il n’aurait jamais laissé l’Église se diviser. C’est par la désobéissance aux commandements de Dieu que les querelles sont nées. Comment cela aurait-il
pu se produire sans admettre que la majorité des chrétiens de l’époque avait oublié le sens réel de la naissance à l’Esprit saint. Tout cela nous démontre que le baptême de l’Esprit ne nous rend pas invulnérables ; le Seigneur nous invite à poursuivre une lutte contre nous-mêmes à tous les jours. Il ne suffit pas de chasser le vieil homme de nos cœurs, car il revient de façon naturelle et quotidienne au moindre manque de vigilance. Le Seigneur est présent en nous pour nous aider à discerner sa volonté. Nous pouvons tous confesser que nous ne sommes pas des chrétiens parfaits, mais nous ne renonçons pas à la perfection pour autant. Il faut toujours chercher à se dépasser. Pour y parvenir, laissons vivre le Seigneur en nous le plus intensément possible.

Plan social et plan individuel

Dans le peuple chrétien, il existe deux plans différents : le plan social qui comprend le cheminement de communautés entières et le plan individuel qui représente l’œuvre personnelle de chaque chrétien. Le plan social est l’addition de tous les plans individuelles depuis le début de l’histoire de l’Église. Lorsque nous parlerons du plan social dans ce texte, nous incluons tous les chrétiens, nous compris. Il est impossible de parler du plan individuel, car il faudrait relater le cheminement de millions de chrétiens. Par contre, l’étude du plan social englobe tout et nous montre clairement le résultat de l’addition des plans individuels. Cet examen nous a passionnés, et chaque chrétien se reconnaîtra dans l’équation finale, tout comme, nous nous y sommes reconnus.

Bilan négatif de l’Église

Première constatation dans l’étude du plan social tel que l’équation nous apparaît : si nous demeurons d’accord avec le premier chapitre de cet ouvrage, le bilan de l’Église actuelle est négatif. Le peuple chrétien est inefficace parce que divisé. Il projette au monde une fausse image de la Gloire de Dieu et de la vérité du Sauveur. Or si nous admettons que la somme finale est négative, c’est que le nombre des plans individuels négatifs était supérieur au nombre des plans individuels positifs. Si on considère tous les chrétiens depuis la naissance de l’Église, le nombre de ceux qui ont accompli la volonté du Seigneur est de beaucoup inférieur au nombre de ceux qui sont demeurés soumis à eux-mêmes et guidés par l’humain naturel. Ce constat provoque en nous une surprise incroyable, mais il témoigne du besoin croissant de propager l’enseignement du Christ non en dehors de l’Église, mais bien en son propre sein. Avant d’espérer se répandre en nombre, les chrétiens doivent mettre l’indice du plan social positif. Pour en arriver à cela, une transformation sociale intérieure est indispensable : la réconciliation demeure la seule voie.

Cheminement des chrétiens et cheminement de l’Église

Notre orgueil chrétien nous fait soupirer « comment est-ce possible que nous soyons dans l’erreur ! Nous avons tous reçu le Seigneur. Nous croyons en Lui et nous proclamons sa parole ». Notre révolte intérieure ne changera rien à l’échec vécu par l’Église actuelle. Nous nous sentons tous très petits devant l’ampleur du problème. Comme nous l’expliquions dans le chapitre précédent, nous devons fournir un grand effort individuellement pour atteindre la réconciliation. Cependant, le plan social sera le plus difficile à faire bouger, à transformer et à rendre positif. Loin de vouloir jeter le blâme de façon individuelle sur certains chrétiens, ce que nous écrivons n’est pas un jugement, mais un simple constat. Nous ne cherchons pas à nous séparer de ceux qui pourraient ne pas être en accord avec ces réflexions. Nous ne condamnons pas le plan social de l’Église ; nous n’invitons personne à le critiquer ou à s’en détacher, car chacun d’entre nous est additionné dans ce résultat. On ne peut passer à côté.

Nous désirons simplement comprendre ce qui a rendu le corps du Christ malade afin de ne plus commettre les mêmes erreurs et de participer aussi humblement soit-il à sa guérison future. Nous ne pouvons pas juger l’Église, car trop de personnes sont en cause, depuis des siècles. Si nous réalisons que le plan social est un ensemble de cheminements, nous voyons mieux de quelle manière orienter nos pensées. Si chaque chrétien est en cheminement, l’Église aussi est en cheminement. Un cheminement spirituel connaît des moments d’allégresse tout comme des moments plus sombres. Mais dès que nous parlons du mot « cheminement », quelque chose est en marche ; il existe un mouvement vers un but à atteindre. Sur le plan individuel, chaque chrétien chemine le temps que dure sa vie. Le temps modifie chaque être et le Seigneur ne cesse jamais d’enseigner la grandeur de son amour. Un chrétien marche continuellement vers le Royaume des Cieux. De la même façon, le plan social de l’Église a connu depuis sa création de nombreuses expériences. L’analyse de toutes ces expériences devrait lui permettre d’acquérir un jour la sagesse.

À ses débuts, l’Église obéissait à la volonté de Dieu. Nouvellement instituée, elle brûlait d’un feu dévorant de vérité, et elle possédait en elle toutes les vertus d’innocence que l’on retrouve chez un enfant. L’Église n’avait pas encore vécu. C’est en enfant qu’elle reçut sa première onction de l’Esprit saint à la Pentecôte. Avec le temps et l’âge, la chrétienté a cheminé sur près de deux mille ans de la manière qu’un individu évolue durant sa courte existence. Pour l’Église, une année se mesurait en générations humaines. Durant son cheminement, l’Église a cherché à s’en sortir de son mieux, mais elle a souvent oublié le message de Jésus et elle s’est laissée séduire par des influences néfastes. Elle a laissé mourir le feu sans demander au Christ de le rallumer. Aujourd’hui, elle souffre comme nous avons tous souffert un jour. Nous devons faire en sorte de réagir selon les paroles du Christ.

L’Église semblable au fils prodigue

À la lumière de l’Évangile, nous avons comparé l’Église au fils prodigue de la parabole. Ayant reçu toutes les grâces et bénédictions de Dieu, le peuple chrétien s’en est allé gaspillant tous les biens dont il avait hérité. Qui d’autre que le Père aurait eu droit de juger et de punir ce fils ingrat ? Ce dernier revient à la maison de son Père : il se présente en misérable et en mendiant, car il a beaucoup souffert. Son Père l’accueille sans souffler mot du passé. Il dit seulement « Fêtons, car le fils que je croyais perdu est retrouvé ! » En vérité, le fils prodigue avait déjà payé le prix de sa stupidité, car il avait erré de misère en misère avant d’oser revenir à la maison de son Père. De façon identique, l’Église d’aujourd’hui paie le prix de sa stupidité, ce qui l’amènera inévitablement à un retour à la maison du Père. Cela ne se produira pas sans dépouillement ni repentir. Lors de ce retour, ce sera fête et actions de grâces : une profonde effusion du Saint-Esprit, une nouvelle Pentecôte. Par la foi, nous savons qu’aucune situation désespérée mérite que nous courbions le dos. Les Saintes Écritures nous enseignent de quelle manière la lumière de Dieu triomphe sur les ténèbres. La puissance de son amour et de sa miséricorde est plus grande que l’ensemble de nos péchés et de nos égarements. Tout cela nous incite à voir au-delà de l’état piteux de la chrétienté actuelle. Tout est à espérer et nous le proclamons en toute confiance.

Que font les chrétiens d’aujourd’hui ?

Sans avoir l’espérance que donnent les Écritures, il est difficile pour un chrétien d’admettre la misère que reflète le plan social. Pour cette raison, beaucoup de baptisés ont préféré abandonner la pratique d’une religion chrétienne, échappant ainsi aux tribulations de l’Église. Pour ceux qui restent fidèle à la foi, il n’y a plus de place pour l’indifférence et la tiédeur. Le Christ disait « Qui ne bâtit pas détruit. » Le chrétien doit s’engager dans la voie qui lui semble la meilleure : il ne peut plus demeurer insensible à la réalité contemporaine. Cela engendre davantage de discussions au sein des communautés et par le fait même, de nouvelles divisions prennent racines. Dans l’histoire chrétienne, jamais il n’y a eu autant de dénominations se réclamant de l’exclusivité du Nom de Jésus. Chacune se croit seule et unique détentrice de vérité. Mais la vérité est-elle à l’origine de ces divisions ? Tentons de répondre à cette question.

Origine des divisions : l’esprit sectaire

Auparavant dans ce texte, nous mentionnions que l’être humain avait un penchant naturel à se diviser, à se disputer, à conquérir, à dominer et à diriger. Le peuple de Dieu étant formé d’humains, l’Église actuelle hérite de tous les aspects naturels que lui ont conféré ses membres depuis des siècles. Les hommes se battent entre eux pour des mensonges et des choses éphémères : à plus forte raison ont-ils succombé facilement à la tentation de se disputer la vérité, la lumière et la Vie éternelle. Pour détenir le privilège de la vérité, ils ont dû se dénigrer les uns les autres et inventer des points litigieux sur lesquels ils ne pouvaient faire l’unanimité. Comme ils ne pouvaient se disputer la vérité elle-même soit Jésus-Christ incarné Fils de Dieu, Sauveur et Rédempteur, les premiers chrétiens ont accordé de plus en plus d’importance à des choses secondaires souvent mensongères. Personne ne voulait nier le Salut apporté par Jésus, mais pour bénéficier de ce Salut, on institua différents cultes, on créa des dogmes et des lois de toutes sortes. Finalement, on déchira les Saintes Écritures en mille morceaux ; certaines dénominations ne jurant que par Saint Paul ou d’autres que par l’Apocalypse. On enveloppa la vérité d’une couche de mensonges humains, et personne ne reconnut la vérité sur le visage d’une Église en discorde.

L’esprit sectaire était né parmi le peuple chrétien. Le phénomène de l’esprit sectaire touche le plan social, car c’est lui qui a divisé l’Église et qui la maintient divisée. C’est le sectarisme qui a donné à la chrétienté un indice négatif dont nous portons la croix aujourd’hui. L’esprit sectaire provient de la résistance humaine à faire la volonté du Seigneur. L’esprit sectaire religieux touche uniquement les personnes croyant en Dieu, qu’elles soient de confession musulmane, chrétienne ou autres. Seuls les athées échappent à ce fléau ! Si nous possédions le discernement sur ce sujet, les querelles religieuses n’existeraient plus. Puisque nous sommes baignés dans la foi en Jésus-Christ, notre tendance naturelle à nous croire supérieure se maîtrise difficilement. Un peu de laisser-aller et hop, nous voilà à nous penser plus fins que les autres. Tel est le piège que nous tend l’esprit sectaire.

Ne nous laissons pas induire en erreur : il sommeille en nous et il vit accroché au sein de toutes communautés chrétiennes. C’est la cause de la maladie qui paralyse l’Église. Le sectarisme, c’est l’ennemi, le virus, le cancer : c’est l’orgueil, la vanité, mais surtout la cataracte qui aveugle l’œil de nombreux chrétiens. L’esprit sectaire, c’est la semence du mal, mais c’est aussi quelque chose que nous développons facilement parce que c’est naturel et que le microbe réside en nous. L’esprit sectaire, c’est aussi l’aveugle qui en conduit un autre : tous deux tombent dans le fossé. C’est l’entêtement de celui qui entend sans comprendre, de celui qui voit sans croire. L’église d’aujourd’hui est malheureusement affligée de tous les symptômes de l’esprit sectaire. Nous écrivions plus haut que le seul remède résidait dans la réconciliation, mais que nous devions d’abord amener l’Église à admettre sa maladie. L’esprit sectaire est le seul empêchement à l’unité. Actuellement, il a pris des proportions de cancer généralisé et il a rendu les différentes dénominations esclaves d’elles-mêmes. Ce fait nous conduit au cœur du problème.

Si l’esprit sectaire disparaît…

Chaque « Église » petite ou grande dépend de l’esprit sectaire pour survivre et garder son identité. Sans esprit sectaire, tout le peuple chrétien se réconcilierait dès maintenant. Or, les dénominations ont tout à perdre en se dégageant de l’esprit sectaire. S’il est difficile pour un individu de se libérer des pensées sectaires, qu’en est-il pour une communauté entière ? La désillusion sera immense, car dès l’instant où l’esprit sectaire disparaît, la dénomination aussi disparaît. Si tous les membres d’une même dénomination se mettent d’accord pour se dépouiller de l’orgueil et confesser le salut des autres chrétiens, ils dissocient l’institution humaine qui les rendait supérieurs et différents. Acceptant de ne plus voir d’obstacles chez les autres, ils s’affranchissent eux-mêmes de tous les obstacles les divisant des autres. Comment se nommeront-ils ? Ils demeurent des chrétiens parmi d’autres chrétiens sauf qu’ils détiennent la liberté de se réconcilier et d’être en paix. Ils deviennent comme le sang à l’intérieur du Corps du Christ : purifiés par le cœur, ils sont capables d’aller visiter chaque membre du corps en empruntant divers réseaux sanguins.

Les chrétiens sont-ils prêts à se réconcilier ?

Nous sommes conscients que notre constatation peut sembler utopique. Si nous croyons à la réconciliation, pouvons-nous aussi croire que des chrétiens réconciliés accepteront de porter des noms les différenciant les uns des autres ? Quel nom peut être plus grand que celui de
« chrétien » ?

Nous sommes tous prêts à cheminer individuellement, et nous laissons la lumière de l’Esprit saint corriger nos tendances sectaires : mais sincèrement, sommes-nous prêts à voir changer notre dénomination ? Sommes-nous prêts à la voir se transformer, se libérer, se guérir ? Nous devons admettre que même le chrétien le plus libéral craint le changement en général et que c’est une des raisons qui rend la réconciliation si difficile à atteindre. Nous souhaitons nous réconcilier individuellement mais pas universellement. Nous voulons faire la paix, mais sommes-nous prêts à nous « unir » afin que l’Église soit à nouveau Une en Jésus-Christ ? La réconciliation serait-elle au-delà de la paix ?

Nous nous sommes questionnés à savoir pourquoi le plan social de l’Église offre-t-il tant de résistance à se réconcilier et à se réunifier. Personnellement, beaucoup de chrétiens sont prêts à changer et ils souhaitent se réconcilier avec sincérité. Mais les dénominations maintiennent en place des barrières et ces barrières nous semblent énormes et quasi indestructibles. Nous connaissons bien ces obstacles humains, car jadis, nous nous en sommes nourris jusqu’à l’ulcération de nos âmes. Nous savons donc de quel sujet nous parlons en analysant les fruits de l’esprit sectaire.

À suivre....