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C’est à la suite
de longues discussions entre nous, membres de MIÉCUR,
que nous vint l’idée
de recueillir par écrit l’humble part de sagesse
que le Seigneur nous a confiée. Dans cet ouvrage, nous
ne prétendons pas pouvoir transformer les cœurs.
Le but de ce recueil d’écrits se résume en
un simple partage destiné à tous ceux et celles
qui croient en Jésus-Christ et qui désirent le
servir. Nous sommes tout petits et faibles au sein de l’Église
de Dieu. Nous ne détenons ni science humaine ni pouvoir
religieux. Nos réflexions sont celles de témoins
trop souvent impuissants face aux tribulations qui secouent l’humanité,
autant sur le plan social que spirituel. Nous croyons que notre
témoignage peut nous amener à partager une réflexion
nouvelle. Souvent contraints au silence par notre rang au milieu
des hommes, nous avons décidé d’écrire
avec la lumière du Saint-Esprit et la foi de nos cœurs.
Comme chrétiens, nous avons accepté de nous dépouiller
et de mettre à nu nos préjugés, nos manques
d’amour et notre orgueil, afin de trouver ensemble la seule
et vraie manière d’être au service de Jésus,
soit d’écouter l’Esprit saint dont le Seigneur
nous parlait en promettant : ‘’ Je ne vous laisserai
pas orphelins.’’
Première partie : RÉCONCILIATION DES CHRÉTIENS
- Notre cheminement
vers la réconciliation
- Divisions au sein
de l’Église
- Difficile d’être chrétien aujourd’hui
- Mission du chrétien
d'aujourd'hui
- Tentatives de réconciliation
- Comprendre
la réconciliation
- La
réconciliation : deux pas à faire
- Au-delà du premier
pas
- Second pas, celui du cœur
- Travailler sur soi
- Le repentir
- Libération
- Dénominations vs réconciliation
- Dépouillement
- Amour et liberté, fruits du dépouillement
- Notre véritable manière
de penser
- Résumé de notre vision de la réconciliation
Deuxième
partie : LES OBSTACLES À LA RÉCONCILIATION
- Naître à l’Esprit
- Lutte contre nous-mêmes
- Plan social et plan individuel
- Bilan négatif de l’Église
- Cheminement des
chrétiens et cheminement de l’Église
- L’Église
semblable au fils prodigue
- Que font les chrétiens d’aujourd’hui
?
- Origine des divisions
: l’esprit sectaire
- Si l’esprit sectaire disparaît…
- Les chrétiens sont-ils prêts à se réconcilier
?
I - RÉCONCILIATION DES CHRÉTIENS
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Notre cheminement
vers la réconciliation |
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À la suite de notre naissance au Saint-Esprit,
notre cheminement spirituel nous a conduits à connaître
la lumière et l’espérance. Nous avons
réalisé l’urgente
nécessité d’une réconciliation
entre chrétiens. Nous remercions le Seigneur de nous
avoir préservé de l’esprit sectaire,
car nos cœurs sont libres en la présence de quiconque
se réclame de son Nom. Dès notre rencontre
avec Lui, nous nous sommes libérés d’une
foule de choses qui nous contraignaient à vivre sous
la loi, plutôt que par la foi. Sans quitter notre dénomination,
nous avons relevé le défi d’y vivre libres,
même s’il nous a fallu pour cela renoncer aux
traditions et à certaines croyances de notre religion
première.
Nous n’avons pas accepté qu’une autorité humaine
nous impose quelque fardeau que ce soit. Nous avons craint
ce qui cherchait à nous ravir notre liberté spirituelle.
Notre discernement s’est exercé et le Seigneur
a mis sur notre chemin des chrétiens exceptionnels,
comme Jean Richard. Ce dernier nous a prêché la
réconciliation et nous voulons œuvrer à cette
cause en laquelle nous croyons fermement. Après quelques
années de recul, nous réalisons que si nous
n’avions
point été libres face à notre dénomination,
nous n’aurions jamais compris le message de Jean.
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Divisions
au sein de l’Église
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La nécessité d’une réconciliation
entre chrétiens est évidente. L’image que
l’Église divisée projette au monde, est
un sujet de moquerie et de confusion. Ce n’est certainement
pas la volonté du Seigneur, mais il importe de constater
les conséquences graves de toutes ces divisions. Dès
le début de l’histoire chrétienne, les
disciples du Seigneur avaient fort à faire pour empêcher
les fidèles de se diviser. Au cours des siècles,
beaucoup de querelles chrétiennes ont dégénéré en
guerres sanglantes qui ont marqué l’histoire de
l’humanité. Aujourd’hui, les blessures subsistent
encore et le jugement que porte le monde non chrétien
sur l’Église est fondé, réel et
mérité! Ce qui nous semble le plus grave réside
en ce que nos stupides querelles humaines éclaboussent
le visage de Dieu, à cause de notre statut de chrétien.
Par nos actions, nous avons trop longtemps ridiculisé l’œuvre
même de Dieu. Quel gâchis, nos Églises divisées
ont fait en son Nom! C’est cela qui est abominable. De
nos jours, il n’y a pas de fierté à se
proclamer chrétien, surtout que souvent, nous
ajoutons au mot ‘’ chrétien ‘’ le
nom d’une dénomination à laquelle nous
nous soumettons.
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Difficile
d’être chrétien aujourd’hui
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Être chrétien se révèle
extrêmement
difficile aujourd’hui, car nous sommes sollicités
de toutes parts par des communautés se prétendant
meilleures les unes que les autres. En réalité,
le monde actuel perçoit mal le chrétien actif
et engagé dans sa foi. Il le juge même très
sévèrement. Cet état lamentable persistera
aussi longtemps que nous n’acquerrons pas la véritable
raison de nous glorifier d’être chrétien.
On donnera raison aux chrétiens d’être fiers
et de proclamer leur foi lorsqu’ils se seront réconciliés,
lorsqu’ils auront brisé leurs chaînes et
brisé les clôtures les séparant les uns
des autres. Si nous, personnellement, avons une raison d’être
fiers, c’est que nous pouvons partager et prier le Seigneur
avec des chrétiens différents de nous. Les railleries
du monde cesseront quand l’Église se réunifiera
et que ses enfants se tendront tous la main, en oubliant leurs
différences humaines pour célébrer leur
unité en Jésus-Christ. Ceux qui attendent un
signe pour se convertir le recevront.
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Mission
du chrétien d'aujourd'hui
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À la suite de méditations et de
prières
sur ce problème, nous en sommes
venus à la conclusion que la mission première
du chrétien d'aujourd'hui était de vivre et de
prêcher la réconciliation à l'intérieur
des
communautés. Comment l'Église actuelle peut-elle
répondre aux besoins du
monde athée alors qu'elle est malade et ses membres
coupés les uns
d'avec les autres? Comment un corps peut-il fonctionner sans
se
soumettre à la volonté de l'Esprit qui l'habite
et le dirige? Ce que la
main droite de l'Église fait de bien, sa main gauche
le brise et le
défait. Le chrétien d'aujourd'hui se doit donc
d'être assez fort pour
résister à l'esprit sectaire qui anime les dénominations.
Il ne doit pas
condamner ou juger les autres groupes, car si nous parlons
en mal des
autres chrétiens, nous projetons une grande confusion
dans le monde.
Notre devoir à tous, c'est de nous soumettre à Jésus-Christ,
par la
présence de l'Esprit saint qu'il nous a envoyé afin
de nous conduire.
Mais la réconciliation est quelque chose de concret
qui ne doit pas se
borner à de simples paroles théologiques.
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Tentatives
de réconciliation
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Sur le plan théologique, nous assistons depuis de nombreuses
annéesà des tentatives moyennement réussies
de dialogues entre chefs et
autorités des grandes puissances spirituelles chrétiennes.
Les paroles
sont nombreuses, les engagements rares et les gestes pratiquement
invisibles, car la majorité des chrétiens représentée
par ces
dénominations reste muette, ou volontairement tenue à l'écart
des
discussions. La hiérarchie de nos Églises évite
aux simples laïcs
d'avoir à prendre position sur des questions vitales
comme la
réconciliation. Les chefs discutent entre eux mais aucun
message clair
ne parvient à nos oreilles. Jamais nous n'entendons
pasteurs ou curés
nous enseigner la véritable réconciliation :
tout reste froid,
scientifique et théologique de manière à écarter
les fidèles qui ne
bénéficient visiblement d'aucune confiance de
la part de leurs bergers
terrestres. Notre mission laïque est-elle d'attendre que
les savants de
nos dénominations respectives règlent leurs différents?
Sur quoi
veulent-ils se mettre d'accord? Sur des points théologiques?
Est-ce cela
que Jésus demande? Que nous demande réellement
le Seigneur en nous
invitant à nous rassembler et à être un
en Lui? Nous avons longuement
discuté de ces questions et voilà les grandes
lignes qui en ressortent.
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Comprendre
la réconciliation
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La réconciliation entre chrétiens n’est
pas compliquée. C’est un but simple que chaque
chrétien honnête ressent au plus profond de son
cœur : il souhaite faire la paix avec tous ceux qui l’entourent.
La réconciliation se comprend, la majorité des
chrétiens la souhaite. Les saintes Écritures
nous enseignent le moyen d’y parvenir sans faire mention
de la science des théologiens. N’importe quel
esprit humain peut comprendre ce qu’est la réconciliation.
La comprendre et la souhaiter grâce à l’intelligence,
c’est un pas. Théologiens et laïcs ont majoritairement
fait ce pas. Cependant, si nous demeurons sur ce pas unique,
nous n’atteindrons jamais la réconciliation, car
elle se trouve au bout d’un long chemin où nous
devrons faire des centaines de pas. Comprendre et atteindre
la réconciliation sont deux choses.
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La réconciliation
: deux pas à faire
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Le premier pas, c’est de réaliser la nécessité de
la réconciliation et d’être en accord avec
ce principe, grâce au discernement de l’Esprit
saint. Le second pas, c’est de vouloir soi-même
travailler à la cause, car notre cœur est touché par
la gravité du problème. Si le premier pas s’effectue
au niveau de l’intelligence ou de l’esprit, le
second pas s’opère dans le cœur. Nous aurons
ensuite besoin de tout l’amour de Dieu pour entreprendre
la course vers le but à atteindre, soit la réconciliation.
Nos théologiens et nos dirigeants s’arrêtent
au premier pas, car ils parlent d’une manière
cérébrale. Ils cherchent à réaliser
la réconciliation d’une façon rationnelle
et intelligente. En réalité, ils croient pouvoir
réaliser la réconciliation simplement en se réunissant
et en discutant entre eux. Ils restent loin du second pas qui, à notre
avis, est le plus important mais aussi le plus difficile à faire.
Le second pas concrétise le début d’une
course à travers laquelle nous effectuons un cheminement
exigeant.
Il faut admettre que le premier pas se
franchit facilement, car il n’engage à rien. Nous pouvons penser, discuter
réfléchir et analyser, si rien ne descend dans
le cœur, rien ne nous engage fermement à régler
le problème. Tout repose dans l’amour. La réconciliation
est dans l’amour; la manière d’y accéder
aussi. Quand nous réalisons la simplicité du
message, l’importance que nous accordions aux discussions
théologiques se compare à un grain de sable au
fond du désert… ‘’Aimez-vous les uns
les autres comme je vous ai aimés. Aime ton prochain
comme toi-même.’’ Les paroles du Maître
sont claires et précises. La réconciliation,
la paix, la vie éternelle et l’unité se
trouvent dans ces commandements. Mais les paroles du Christ
doivent quitter l’esprit et s’installer dans le
cœur afin qu’un être baigne tout entier dans
la lumière. Les paroles de Jésus mentionnées
plus tôt devraient être la base de toute décision
se rapportant à la vie spirituelle chrétienne,
car Il a lui-même dit qu’il s’agissait du
plus grand commandement.
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Second
pas, celui du cœur
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Le deuxième pas prend la réconciliation au sérieux
et sensibilise notre cœur à la détresse
de l’Église divisée. Notre amour pour le
Seigneur nous inspire le désir de participer de façon
concrète à changer les choses. Lorsque nous franchissons
le second pas, celui du cœur, nous cessons de chercher
des solutions et nous nous engageons sur le chemin de l’amour
que nous commande Jésus. Nul besoin de doctorat ou de
science théologique pour aimer. Le plus petit d’entre
nous est capable de le faire. Avant de vouloir aimer le monde
qui est contre le Christ, nous devons aimer les autres chrétiens
qui sont dans le Christ. Nous devons mettre les paroles de
Jésus en pratique pour atteindre la réconciliation
des chrétiens, et il faut reconnaître que ce n’est
pas là une chose facile à accomplir. Il nous
faut d’abord chercher la sincérité. Si
nous conservons l’amour dans nos cœur, nous éviterons
tout ce qui peut nous inciter à être en division
avec nos frères et sœurs d’une autre communauté.
Le groupement MIÉCUR répond fort bien aux exigences
de l’amour véritable que Dieu nous commande, mais
nous devons vivre son commandement chaque jour de notre existence,
et pas uniquement lors des réunions du mouvement.
Lorsqu’un chrétien accepte de regarder
les choses en face, et qu’il prend conscience des conséquences
néfastes découlant des divisions, il ne peut
s’empêcher d’endosser une part de responsabilité dans
tout ceci, ou du moins, partagera-t-il la responsabilité de
la dénomination à laquelle il appartient. C’est
le départ pour la course vers la réconciliation
: se reconnaître pécheur, coupable et fautif représente
le premier effort véritable que nous devons fournir
pour atteindre le but. L’humilité d’accepter
l’imperfection qui habite en soi et dans le sein de sa
propre communauté, se bat contre l’orgueil sectaire.
Tout en résistant à la tentation de juger les
autres groupes chrétiens, il faut méditer sur
soi-même avec la lumière de l’Esprit saint.
Nous devons réaliser notre insignifiance et l’admettre
en toute sagesse. Si nous ne reconnaissons pas nos torts personnels
et individuels, comment pouvons-nous espérer nous réconcilier?
Dieu ne nous demande pas uniquement d’accorder notre
pardon, car c’est là un beau rôle. Mais
il souhaite que nous demandions pardon à tous ceux que
nous avons pu juger, condamner, critiquer en face ou de dos.
Nous devons accepter d’endosser l’image triste
d’une Église divisée, et l’humilité nous
oblige à nous abaisser à un point tel que tous
ceux que nous avons jugés doivent nous paraître
supérieurs. Si nous réussissons à atteindre
un tel dépouillement de nous-mêmes, c’est
que nous souhaitons sincèrement changer et réparer
les torts commis.
Notre responsabilité de chrétien engagé nous
amène ensuite à cheminer ouvertement. Sans le
repentir, aucune réconciliation n'est possible. Pour
marcher vers la réconciliation, chaque partie divisée
doit commencer par se juger elle-même et se reconnaître
fautive vis-à-vis des autres. Quel effort! L'esprit
humain ne peut entrevoir la réalisation d'un tel cheminement.
Cette obligation du repentir effraie plus d'un chrétien
enorgueilli du titre de sa dénomination. Le repentir
s'opère dans le coeur et il exige un dépouillement
complet et sincère, une sorte de face à face
avec la Lumière divine: nous devons regarder dans nos
coeurs le plus profond de nos sentiments, de nos préjugés...
Il faut reconnaître que notre dénomination est
la moindre des dénominations, et que nous avons eu tort
de la croire supérieure aux autres, et que nous avons
menti en la déclarant seule véritable religion
chrétienne. Il nous faut reconnaître que tous
ceux, se réclamant de Jésus-Christ Sauveur possèdent
la vie éternelle. Jésus a dit: '' Quiconque croit
en moi vivra éternellement! '' Le Christ ne faisait
aucune mention des différences entre les peuples, les
races. Ses paroles vivantes ne peuvent être discréditées
par les différents cultes qui Lui sont rendus.
À ce sujet, nous témoignons pour l'avoir vécu:
le fait de reconnaître le salut d'un chrétien
différent de soi soulage le coeur et convie notre être à une
joie intérieure immense. Il s'agit d'une libération:
c'est comme découvrir la liberté de s'unir en
prières et en pensées avec des frères
et soeurs que nous n'avions pas le droit de connaître.
Toutefois, accepter de reconnaître la gratuité du
salut pour tout chrétien, sans tenir compte de sa dénomination,
entre souvent en contradiction avec l'enseignement que nous
recevons de nos dirigeants. Si nous rompons la chaîne
qui nous soumet à l'homme davantage qu'à Dieu,
nous nous libérons d'un fardeau réel. Qu'il est
bon de savoir que tous seront sauvés, que nous sommes
tous égaux devant le visage du Seigneur! Pour avoir
subi l'esprit sectaire qui isolait notre dénomination
en faisant de nous les seuls sauvés de l'univers, nous
sommes aujourd'hui capables de témoigner de la liberté que
Dieu nous donna en nous obligeant à la réflexion.
Quelle joie de réaliser l'unité de tous les chrétiens
par la foi en Jésus-Christ! C'est en se réclamant
tous du Christ que les chrétiens sont égaux.
et qu'ils doivent se réconcilier. Notre foi en Jésus
représente la plus grande chose qui soit et nous devons
célébrer ce trait commun en nous réconciliant
tous! Selon nous, le fait de reconnaître le salut de
tout chrétien est indispensable à la réconciliation
au même titre que le repentir. C'est ce qui brise la
raison d'être de l'esprit sectaire. Si nous n'avions
rien en commun, pourquoi vouloir nous réconcilier? Or,
tous les chrétiens remettent leur vie en Jésus-Christ
ressuscité.
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Dénominations
vs réconciliation
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La réconciliation demeurera impensable tant et aussi
longtemps que les dénominations refuseront de confesser
publiquement et ouvertement l'égalité de chaque
chrétien. Nous sommes encore loin de cet état
de chose, et les discours théologiques tenus par les
hautes autorités reflètent davantage une stratégie
politique humaine plutôt que d'arborer l'étoffe
d'un cheminement spirituel conduisant au repentir indispensable à un
retour à l'unité. Notre conclusion sur ce sujet
est fort simple: les intérêts des autorités
religieuses, des théologiens et des directeurs spirituels
sont différents des intérêts de Dieu. Ce
que Dieu souhaite, ils le craignent, car ce n'est dans l'intérêt
d'aucune hiérarchie religieuse que la réconciliation
s'effectue réellement: cela mettrait en péril
les fondements de leur prestige, de leur rang social, et malheureusement,
de leurs finances. Mais nous reviendrons plus loin sur ce sujet.
Ensemble, nous avons tracé une image où nous
comparons la réconciliation à une porte très étroite
nous permettant d'entrer dans un lieu d'unité et de
paix absolue. La seule porte pour atteindre la paix, c'est
la réconciliation. Mais voilà, elle est très
loin, et si petite qu'il faut se dépouiller de tout
ce qui nous recouvre afin de pouvoir s'y glisser. Se mettre
ainsi à nu demande un effort terrible, surtout que ce
doit être vu et connu de tous. Nous devons nous dévêtir
de tout ce qui nous empêche d'entrer dans cette porte étroite.
Il nous fera très mal de nous séparer de choses
auxquelles nous tenions. C'est là que nous devons discerner
clairement ce que Dieu attend de nous. Il faut nous affranchir
des lois humaines qu'il y a dans nos dénominations.
Nous devons nous affranchir de notre soumission à toute
autorité religieuse humaine. Il faut s'affranchir de
l'orgueil et de la fierté rattachés au nom distinctif
de notre Église. Nous devons nous affranchir des fausses
consciences qui nous donnent des remords grâce à des
mensonges. Nous devons nous mettre à nus et paraître
devant cette porte comme des hommes et des femmes égaux,
tous semblables les uns aux autres. Les choses qui nous divisent
ne sont pas de Dieu; ce sont des choses humaines comparables à des
vêtements dont il faut se dépouiller. Il faut
bien comprenddre ce que nous expliquons ici: loin de condamner
tous ces vêtements humains, nous prétendons seulement
qu'ils sont inutiles pour la réconciliation. Nos dénominations
nous ont toutes apporté du bien, mais nous oublions
souvent au Nom de qui ce bien nous est réellement parvenu.
Nous devons rendre à Dieu ce qui est à Dieu,
et à César ce qui est à César.
Il est temps que nous glorifions tous Dieu, car c'est Lui qui
nous a sauvés et non notre dénomination, notre
missionnaire, notre pasteur, notre prédicateur.
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Amour
et liberté, fruits du dépouillement
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Notre vision du dépouillement est radicale mais sensée.
Nous sommes conscients que cela est exigeant, mais l’affranchissement
apporte la liberté. Sans posséder cette liberté,
nous ne pourrons jamais servir totalement le Seigneur. Par
le mot « dépouillement », nous ne préconisons
pas de quitter notre dénomination. Nous devons demeurer
là où le Seigneur nous a appelés, sans
chercher à faire de nouvelles divisions. Par le terme « affranchir »,
nous signifions seulement
ceci : aimer notre dénomination
les yeux ouverts, non les yeux fermés. Aimer nos prédicateurs,
nos pasteurs, nos prêtres, ne plus les écouter
sans se souvenir qu’ils sont humains comme nous, ne plus
leur être soumis sans condition ou par devoir. Nous devons
simplement aimer en sachant que nous sommes tous coupables
d’être divisés et que nous sommes tous appelés à nous
réconcilier. Nous devons aimer notre dénomination
et ceux qui la composent, mais nous ne devons pas leur obéir
aveuglément, ni les laisser faire entrave à l’inspiration
que Dieu nous confie. Il nous faut apporter une révolte
pacifique comme celle que Jésus nous trace dans les
exemples de sa vie : un amour surprenant que n’arrêtent
ni préjugés ni barrières. Un amour qui
pardonne et qui tend toujours la main ; un amour qui tend l’autre
joue s’il est frappé : un amour qui n’a
pas de préférences pour les justes et qui se
donne à ceux qui se réclament de Lui. C’est
là un amour qui unit et si nous possédons cet
amour, jamais nous ne nous séparerons volontairement
d’une dénomination. Dieu ne veut pas briser notre
attachement envers celle-ci : au contraire, Il veut que nous
devenions « artisans de paix ».
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Notre véritable manière
de penser
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Finalement, voici notre véritable manière
de penser : nous devons rejeter la façon traditionnelle
de voir nos dénominations. Elles ne nous donnent ni
le salut, ni la vérité, ni la lumière,
la perfection ou la sécurité. Par contre, avec
l’amour et la grâce de Dieu, chacun de nous doit
voir son Église comme un corps blessé, infirme,
malade qui souffre et qui pleure malgré les rires. Ce
corps agonise, mais l’orgueil l’empêche de
l’admettre. Que devons-nous faire devant un corps malade
et blessé, incapable de se déplacer par lui-même
? L’abandonner ? Certainement pas. L’amour de Dieu
nous commande d’aimer et l’amour nous amène à soigner,
panser, guérir, réconforter, encourager. En aucun
cas, nous devons laisser le malade seul. Pour pouvoir le soigner,
il nous faut le convaincre d’accepter sa maladie. Pour
le convaincre, il nous faut beaucoup de patience, de tolérance,
de compréhension et jamais nous ne devons le juger.
Nous devons gagner sa confiance. Nous nous considérons
souvent comme les enfants spirituels de nos dénominations
: si c’est le cas, qui laisserait son père ou
sa mère blessés ou malades ? Nos dénominations
sont souvent vieilles et nous devons leur accorder les mêmes
soins qu’à de vieilles personnes. Pour nous, ces
quelques images sont concrètes et elles nous ont beaucoup
aidés à effectuer le dépouillement dont
nous parlions plus tôt. Nous ne pouvons pas être
fiers de notre dénomination parce qu’elle est
malade et infirme. Nous ne pouvons pas l’abandonner parce
qu’elle a besoin de soins et nous sommes ses héritiers.
Nous ne pouvons pas nous en séparer parce que la dénomination,
c’est nous !
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Résumé de notre vision de la réconciliation
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En résumé, nous pouvons dire que les deux premiers
pas menant vers la réconciliation sont relativement
faciles à faire. Par contre, le reste du chemin à parcourir
est une longue et périlleuse course de la désillusion.
Les efforts fournis durant la course raffermissent la foi.
Nous devons changer toute notre manière de penser et
de fonctionner. La désillusion est immense et pénible à constater.
Nous souffrons d’être coupables et la repentance
bafoue notre orgueil.
Malgré cela, nous croyons que c’est le chemin à prendre
et il faut le faire vite. Les récompenses promises valent
bien plus que les efforts de la course. Lorsque nous prions
en demandant au Père Très Haut que sa volonté soit
faite sur terre comme elle l’est dans les cieux, n’oublions
pas qu’il n’en tient qu’à nous de
voir la réalisation de cette demande. Si nous prions
en disant « Que ton règne vienne », c’est
que son règne n’est pas encore venu et que le
Seigneur ne règne même pas sur son propre peuple
! Ne prions plus du bout des lèvres, mais prions avec
cœur et engagement. Depuis notre éveil aux choses
de Dieu, la prière enseignée par Jésus
a pris pour nous, un sens tout autre que celui que nous lui
connaissons, car n’oublions pas que c’est à Lui
qu’appartiennent le règne, la puissance et la
gloire pour les siècles et des siècles.
II - LES
OBSTACLES À LA RÉCONCILIATION
Il est beaucoup plus facile de se diviser
que de s’unir,
de se disputer que de s’entendre et de se juger que de
se comprendre. Nous ne voulons pas que le texte suivant soit
perçu comme un jugement, car nous avons simplement tenté d’expliquer
et de comprendre les raisons qui divisent tous les membres
du corps du Christ. Il nous aurait été facile
de porter des jugements, mais le Seigneur nous a orientés
vers une toute autre voie : celle de la compréhension
du problème.
S’il était facile de se réconcilier, jamais
les divisions ne seraient apparues. Tout homme et toute femme
nés de la chair restent soumis à la chair. Par
notre nature charnelle, nous demeurons soumis à d’innombrables
intérêts terrestres. Le « monde » est
né du cœur humain et il faut naître à nouveau
pour ne plus y être soumis. Le Seigneur vient habiter
notre cœur et nous devons le laisser agir en nous. Quand
le monde était en nous, nous obéissions à nos
propres lois, nous écoutions nos paroles et nous cédions à nos
moindres tentations. Nous vivions par nous-mêmes et pour
nous-mêmes. Lorsque nous naissons à l’Esprit
saint, et que tout notre être devient le Temple de cet
Esprit, c’est le Christ qui dicte notre conduite. Il écrit
sa loi dans nos cœurs : nous entendons sa voix et nous
lui obéissons. Nous vivons par Lui et pour Lui. Mais
l’effervescence d’une conversion ou d’un
appel à un ministère quelconque nous fait oublier
que pour naître une seconde fois, il faut laisser mourir
le vieil homme. Cet oubli d’un principe de base est probablement
une des causes à l’origine des divisions et des
disputes au sein du peuple chrétien, il y a très
longtemps.
Nous savons que le Christ souhaite l’unité. Il
n’aurait jamais laissé l’Église se
diviser. C’est par la désobéissance aux
commandements de Dieu que les querelles sont nées. Comment
cela aurait-il
pu se produire sans admettre que la majorité des chrétiens
de l’époque avait oublié le sens réel
de la naissance à l’Esprit saint. Tout cela nous
démontre que le baptême de l’Esprit ne nous
rend pas invulnérables ; le Seigneur nous invite à poursuivre
une lutte contre nous-mêmes à tous les jours.
Il ne suffit pas de chasser le vieil homme de nos cœurs,
car il revient de façon naturelle et quotidienne au
moindre manque de vigilance. Le Seigneur est présent
en nous pour nous aider à discerner sa volonté.
Nous pouvons tous confesser que nous ne sommes pas des chrétiens
parfaits, mais nous ne renonçons pas à la perfection
pour autant. Il faut toujours chercher à se dépasser.
Pour y parvenir, laissons vivre le Seigneur en nous le plus
intensément possible.
|
Plan social et plan individuel
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Dans le peuple chrétien, il existe deux plans différents
: le plan social qui comprend le cheminement de communautés
entières et le plan individuel qui représente
l’œuvre personnelle de chaque chrétien. Le
plan social est l’addition de tous les plans individuelles
depuis le début de l’histoire de l’Église.
Lorsque nous parlerons du plan social dans ce texte, nous incluons
tous les chrétiens, nous compris. Il est impossible
de parler du plan individuel, car il faudrait relater le cheminement
de millions de chrétiens. Par contre, l’étude
du plan social englobe tout et nous montre clairement le résultat
de l’addition des plans individuels. Cet examen nous
a passionnés, et chaque chrétien se reconnaîtra
dans l’équation finale, tout comme, nous nous
y sommes reconnus.
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Bilan négatif de l’Église
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Première constatation dans l’étude
du plan social tel que l’équation nous apparaît
: si nous demeurons d’accord avec le premier chapitre
de cet ouvrage, le bilan de l’Église actuelle
est négatif. Le peuple chrétien est inefficace
parce que divisé. Il projette au monde une fausse image
de la Gloire de Dieu et de la vérité du Sauveur.
Or si nous admettons que la somme finale est négative,
c’est que le nombre des plans individuels négatifs était
supérieur au nombre des plans individuels positifs.
Si on considère tous les chrétiens depuis la
naissance de l’Église, le nombre de ceux qui ont
accompli la volonté du Seigneur est de beaucoup inférieur
au nombre de ceux qui sont demeurés soumis à eux-mêmes
et guidés par l’humain naturel. Ce constat provoque
en nous une surprise incroyable, mais il témoigne du
besoin croissant de propager l’enseignement du Christ
non en dehors de l’Église, mais bien en son propre
sein. Avant d’espérer se répandre en nombre,
les chrétiens doivent mettre l’indice du plan
social positif. Pour en arriver à cela, une transformation
sociale intérieure est indispensable : la réconciliation
demeure la seule voie.
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Cheminement des chrétiens et cheminement de l’Église
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Notre orgueil chrétien nous fait soupirer « comment
est-ce possible que nous soyons dans l’erreur ! Nous
avons tous reçu le Seigneur. Nous croyons en Lui et
nous proclamons sa parole ». Notre révolte intérieure
ne changera rien à l’échec vécu
par l’Église actuelle. Nous nous sentons tous
très petits devant l’ampleur du problème.
Comme nous l’expliquions dans le chapitre précédent,
nous devons fournir un grand effort individuellement pour atteindre
la réconciliation. Cependant, le plan social sera le
plus difficile à faire bouger, à transformer
et à rendre positif. Loin de vouloir jeter le blâme
de façon individuelle sur certains chrétiens,
ce que nous écrivons n’est pas un jugement, mais
un simple constat. Nous ne cherchons pas à nous séparer
de ceux qui pourraient ne pas être en accord avec ces
réflexions. Nous ne condamnons pas le plan social de
l’Église ; nous n’invitons personne à le
critiquer ou à s’en détacher, car chacun
d’entre nous est additionné dans ce résultat.
On ne peut passer à côté.
Nous désirons simplement comprendre ce qui a rendu
le corps du Christ malade afin de ne plus commettre les mêmes
erreurs et de participer aussi humblement soit-il à sa
guérison future. Nous ne pouvons pas juger l’Église,
car trop de personnes sont en cause, depuis des siècles.
Si nous réalisons que le plan social est un ensemble
de cheminements, nous voyons mieux de quelle manière
orienter nos pensées. Si chaque chrétien est
en cheminement, l’Église aussi est en cheminement.
Un cheminement spirituel connaît des moments d’allégresse
tout comme des moments plus sombres. Mais dès que nous
parlons du mot « cheminement », quelque chose est
en marche ; il existe un mouvement vers un but à atteindre.
Sur le plan individuel, chaque chrétien chemine le temps
que dure sa vie. Le temps modifie chaque être et le Seigneur
ne cesse jamais d’enseigner la grandeur de son amour.
Un chrétien marche continuellement vers le Royaume des
Cieux. De la même façon, le plan social de l’Église
a connu depuis sa création de nombreuses expériences.
L’analyse de toutes ces expériences devrait lui
permettre d’acquérir un jour la sagesse.
À ses débuts, l’Église obéissait à la
volonté de Dieu. Nouvellement instituée, elle
brûlait d’un feu dévorant de vérité,
et elle possédait en elle toutes les vertus d’innocence
que l’on retrouve chez un enfant. L’Église
n’avait pas encore vécu. C’est en enfant
qu’elle reçut sa première onction de l’Esprit
saint à la Pentecôte. Avec le temps et l’âge,
la chrétienté a cheminé sur près
de deux mille ans de la manière qu’un individu évolue
durant sa courte existence. Pour l’Église, une
année se mesurait en générations humaines.
Durant son cheminement, l’Église a cherché à s’en
sortir de son mieux, mais elle a souvent oublié le message
de Jésus et elle s’est laissée séduire
par des influences néfastes. Elle a laissé mourir
le feu sans demander au Christ de le rallumer. Aujourd’hui,
elle souffre comme nous avons tous souffert un jour. Nous devons
faire en sorte de réagir selon les paroles du Christ.
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L’Église
semblable au fils prodigue
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À la lumière de l’Évangile, nous
avons comparé l’Église au fils prodigue
de la parabole. Ayant reçu toutes les grâces et
bénédictions de Dieu, le peuple chrétien
s’en est allé gaspillant tous les biens dont il
avait hérité. Qui d’autre que le Père
aurait eu droit de juger et de punir ce fils ingrat ? Ce dernier
revient à la maison de son Père : il se présente
en misérable et en mendiant, car il a beaucoup souffert.
Son Père l’accueille sans souffler mot du passé.
Il dit seulement « Fêtons, car le fils que je croyais
perdu est retrouvé ! » En vérité,
le fils prodigue avait déjà payé le prix
de sa stupidité, car il avait erré de misère
en misère avant d’oser revenir à la maison
de son Père. De façon identique, l’Église
d’aujourd’hui paie le prix de sa stupidité,
ce qui l’amènera inévitablement à un
retour à la maison du Père. Cela ne se produira
pas sans dépouillement ni repentir. Lors de ce retour,
ce sera fête et actions de grâces : une profonde
effusion du Saint-Esprit, une nouvelle Pentecôte. Par
la foi, nous savons qu’aucune situation désespérée
mérite que nous courbions le dos. Les Saintes Écritures
nous enseignent de quelle manière la lumière
de Dieu triomphe sur les ténèbres. La puissance
de son amour et de sa miséricorde est plus grande que
l’ensemble de nos péchés et de nos égarements.
Tout cela nous incite à voir au-delà de l’état
piteux de la chrétienté actuelle. Tout est à espérer
et nous le proclamons en toute confiance.
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Que
font les chrétiens d’aujourd’hui ?
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Sans avoir l’espérance que donnent les Écritures,
il est difficile pour un chrétien d’admettre la
misère que reflète le plan social. Pour cette
raison, beaucoup de baptisés ont préféré abandonner
la pratique d’une religion chrétienne, échappant
ainsi aux tribulations de l’Église. Pour ceux
qui restent fidèle à la foi, il n’y a plus
de place pour l’indifférence et la tiédeur.
Le Christ disait « Qui ne bâtit pas détruit. » Le
chrétien doit s’engager dans la voie qui lui semble
la meilleure : il ne peut plus demeurer insensible à la
réalité contemporaine. Cela engendre davantage
de discussions au sein des communautés et par le fait
même, de nouvelles divisions prennent racines. Dans l’histoire
chrétienne, jamais il n’y a eu autant de dénominations
se réclamant de l’exclusivité du Nom de
Jésus. Chacune se croit seule et unique détentrice
de vérité. Mais la vérité est-elle à l’origine
de ces divisions ? Tentons de répondre à cette
question.
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Origine
des divisions : l’esprit sectaire
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Auparavant dans ce texte, nous mentionnions
que l’être
humain avait un penchant naturel à se diviser, à se
disputer, à conquérir, à dominer et à diriger.
Le peuple de Dieu étant formé d’humains,
l’Église actuelle hérite de tous les aspects
naturels que lui ont conféré ses membres depuis
des siècles. Les hommes se battent entre eux pour des
mensonges et des choses éphémères : à plus
forte raison ont-ils succombé facilement à la
tentation de se disputer la vérité, la lumière
et la Vie éternelle. Pour détenir le privilège
de la vérité, ils ont dû se dénigrer
les uns les autres et inventer des points litigieux sur lesquels
ils ne pouvaient faire l’unanimité. Comme ils
ne pouvaient se disputer la vérité elle-même
soit Jésus-Christ incarné Fils de Dieu, Sauveur
et Rédempteur, les premiers chrétiens ont accordé de
plus en plus d’importance à des choses secondaires
souvent mensongères. Personne ne voulait nier le Salut
apporté par Jésus, mais pour bénéficier
de ce Salut, on institua différents cultes, on créa
des dogmes et des lois de toutes sortes. Finalement, on déchira
les Saintes Écritures en mille morceaux ; certaines
dénominations ne jurant que par Saint Paul ou d’autres
que par l’Apocalypse. On enveloppa la vérité d’une
couche de mensonges humains, et personne ne reconnut la vérité sur
le visage d’une Église en discorde.
L’esprit sectaire était né parmi le peuple
chrétien. Le phénomène de l’esprit
sectaire touche le plan social, car c’est lui qui a divisé l’Église
et qui la maintient divisée. C’est le sectarisme
qui a donné à la chrétienté un
indice négatif dont nous portons la croix aujourd’hui.
L’esprit sectaire provient de la résistance humaine à faire
la volonté du Seigneur. L’esprit sectaire religieux
touche uniquement les personnes croyant en Dieu, qu’elles
soient de confession musulmane, chrétienne ou autres.
Seuls les athées échappent à ce fléau
! Si nous possédions le discernement sur ce sujet, les
querelles religieuses n’existeraient plus. Puisque nous
sommes baignés dans la foi en Jésus-Christ, notre
tendance naturelle à nous croire supérieure se
maîtrise difficilement. Un peu de laisser-aller et hop,
nous voilà à nous penser plus fins que les autres.
Tel est le piège que nous tend l’esprit sectaire.
Ne nous laissons pas induire en erreur
: il sommeille en nous et il vit accroché au sein de toutes communautés
chrétiennes. C’est la cause de la maladie qui
paralyse l’Église. Le sectarisme, c’est
l’ennemi, le virus, le cancer : c’est l’orgueil,
la vanité, mais surtout la cataracte qui aveugle l’œil
de nombreux chrétiens. L’esprit sectaire, c’est
la semence du mal, mais c’est aussi quelque chose que
nous développons facilement parce que c’est naturel
et que le microbe réside en nous. L’esprit sectaire,
c’est aussi l’aveugle qui en conduit un autre :
tous deux tombent dans le fossé. C’est l’entêtement
de celui qui entend sans comprendre, de celui qui voit sans
croire. L’église d’aujourd’hui est
malheureusement affligée de tous les symptômes
de l’esprit sectaire. Nous écrivions plus haut
que le seul remède résidait dans la réconciliation,
mais que nous devions d’abord amener l’Église à admettre
sa maladie. L’esprit sectaire est le seul empêchement à l’unité.
Actuellement, il a pris des proportions de cancer généralisé et
il a rendu les différentes dénominations esclaves
d’elles-mêmes. Ce fait nous conduit au cœur
du problème.
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Si l’esprit sectaire disparaît…
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Chaque « Église » petite ou grande dépend
de l’esprit sectaire pour survivre et garder son identité.
Sans esprit sectaire, tout le peuple chrétien se réconcilierait
dès maintenant. Or, les dénominations ont tout à perdre
en se dégageant de l’esprit sectaire. S’il
est difficile pour un individu de se libérer des pensées
sectaires, qu’en est-il pour une communauté entière
? La désillusion sera immense, car dès l’instant
où l’esprit sectaire disparaît, la dénomination
aussi disparaît. Si tous les membres d’une même
dénomination se mettent d’accord pour se dépouiller
de l’orgueil et confesser le salut des autres chrétiens,
ils dissocient l’institution humaine qui les rendait
supérieurs et différents. Acceptant de ne plus
voir d’obstacles chez les autres, ils s’affranchissent
eux-mêmes de tous les obstacles les divisant des autres.
Comment se nommeront-ils ? Ils demeurent des chrétiens
parmi d’autres chrétiens sauf qu’ils détiennent
la liberté de se réconcilier et d’être
en paix. Ils deviennent comme le sang à l’intérieur
du Corps du Christ : purifiés par le cœur, ils
sont capables d’aller visiter chaque membre du corps
en empruntant divers réseaux sanguins.
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Les
chrétiens sont-ils prêts à se réconcilier
?
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Nous sommes conscients que notre constatation
peut sembler utopique. Si nous croyons à la réconciliation,
pouvons-nous aussi croire que des chrétiens réconciliés
accepteront de porter des noms les différenciant les
uns des autres ? Quel nom peut être plus grand que celui
de « chrétien » ?
Nous sommes tous prêts à cheminer individuellement,
et nous laissons la lumière de l’Esprit saint
corriger nos tendances sectaires : mais sincèrement,
sommes-nous prêts à voir changer notre dénomination
? Sommes-nous prêts à la voir se transformer,
se libérer, se guérir ? Nous devons admettre
que même le chrétien le plus libéral craint
le changement en général et que c’est une
des raisons qui rend la réconciliation si difficile à atteindre.
Nous souhaitons nous réconcilier individuellement mais
pas universellement. Nous voulons faire la paix, mais sommes-nous
prêts à nous « unir » afin que l’Église
soit à nouveau Une en Jésus-Christ ? La réconciliation
serait-elle au-delà de la paix ?
Nous nous sommes questionnés à savoir pourquoi
le plan social de l’Église offre-t-il tant de
résistance à se réconcilier et à se
réunifier. Personnellement, beaucoup de chrétiens
sont prêts à changer et ils souhaitent se réconcilier
avec sincérité. Mais les dénominations
maintiennent en place des barrières et ces barrières
nous semblent énormes et quasi indestructibles. Nous
connaissons bien ces obstacles humains, car jadis, nous nous
en sommes nourris jusqu’à l’ulcération
de nos âmes. Nous savons donc de quel sujet nous parlons
en analysant les fruits de l’esprit sectaire.
À suivre....
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